Carnet de voyage Récits de voyage

L’écho frais #2 – Avril 2017 : Nouvel an bouddhiste et construction d’Earthship

Par le 7 juillet 2017

echo-frais-earthship-thailande

 

Nous revoilà pour la deuxième publication de L’Écho Frais, racontant nos aventures du mois d’avril. Un mois que nous avons passé à vadrouiller au Laos et à travailler/chiller* sur l’île de Koh CHang en Thaïlande. De quoi rajouter à notre besace, de bonnes histoires à conter et de nouveaux savoirs-faire à expérimenter.

*Chiller : francisation d’un mot anglais  « Chill out » signifiant « se détendre ».

15 jours au Laos

Une désillusion, une !

Le 30 mars dernier, nous avons donc passé la frontière entre le Viêt Nam et le Laos, accompagné.e.s de nos fidèles montures. Traverser une frontière terrestre à moto fut une grande première pour nous et notre bonne étoile étant toujours là, tout s’est passé sans encombres.

Les backpacker.euse.s, rencontré.e.s en Asie du Sud-Est, nous avaient tous et toutes promis un gros coup de coeur pour le Laos et ses habitants. Ben en fait, non… pas vraiment.

Nous y avons passé seulement 15 jours, et malgré de très bons moments, c’est aussi là-bas que nous avons eu droit à de belles prises de bec avec la population (ce qui ne nous était jamais arrivé auparavant, en un an de voyage). Ben oui, on s’est fait envoyer chier des tonnes de fois, sans raisons, on a aussi eu droit à une confrontation avec les flics après une embrouille chez un mécano pour ma moto, mais aussi une nana qui a voulu nous mettre sur le dos son accident de scoot, pour qu’on paye ses frais d’hôpitaux et ses réparations… bref, de quoi nous remettre sacrément en question : est-ce nous qui sommes moins tolérants et plus irritables parce qu’un peu fatigué.e.s, est-ce notre approche qui fait défaut, les laotien.ne.s sont-il.elle.s insondables pour nos mentalités occidentales ??? Que de questions restées sans réponses.

Malgré ces petits désappointements, ce beau pays nous aura quand même offert de très belles choses.

Un beau pays encore rongé par la guerre du Viêt Nam

  • Des paysages grandioses, rappelant son proche voisin, le Viêt Nam : des montagnes, partout, des petits villages sur pilotis, des forêts luxuriantes, des rivières, des cascades impressionnantes … de quoi être carrément dépaysé.e.s.
  • Un artisanat séculaire : sur les petites terrasses de toutes les maisons de tous les villages que nous avons traversés, nous y avons vu d’énormes métiers à tisser. Le Laos et ses différentes ethnies font perdurer cet art du tissage, de la teinture et de la broderie.
  • La Laos a subi ce qu’on appelle la guerre secrète. Durant la guerre que les États-Unis ont mené au Vietnam, le Laos n’aura pas été épargné, au contraire : pendant 9 ans, dans le plus grand secret et sans l’accord du Congrés américain, tous les jours, de 6h du matin à 17h du soir, les avions de l’Oncle Sam n’ont cessé de déverser leurs obus, soit une moyenne de 2 tonnes de bombes par habitant, faisant du Laos le pays le plus bombardé de l’histoire – il y a eu plus de frappes aériennes que durant toute la Seconde Guerre Mondiale ! Nous avons visité les grottes que la population et les membres du Pathet Lao (mouvement nationaliste et progressiste laotien) ont creusé et aménagé dans les montagnes pour survivre. Découvrir ce pan caché de l’histoire aura été pour nous très marquant et nous aura permis de comprendre la rudesse des laotiens qui, aujourd’hui encore, subissent les conséquences de cette guerre terminée en 1973 – on compte en moyenne 300 nouvelles victimes par an à cause des UXOs (artillerie non explosée).
grotte-laos-pathet-lao

Entrée de l’une des nombreuses grottes du Pathet Lao

 

Adios Choune et Schneck

Nous avions un seul objectif à remplir au Laos : vendre nos tendres et chères motos ! Après 3 jours à désespérer de pouvoir les refourguer, c’est à un super couple d’autrichiens que nous les avons cédé, au même prix d’achat, ou presque. Autant dire que ce fut une affaire rondement menée. Malgré les petits pincements au coeur, nous étions soulagés d’avoir passé le relai et de ne plus avoir à s’en préoccuper. Choune et Schneck nous auront permis de faire un superbe voyage, hors des sentiers battus, mais nous auront aussi gravé dans le coeur notre âme de biker.euse.s ! Il ne nous rester plus qu’à rejoindre la capitale, Vientiane, pour y fêter le nouvel an bouddhiste : Pee may !

Pee may ou la fête de l’eau à Vientiane

Pee may ou le nouvel an bouddhiste, basé sur le calendrier lunaire, est la fête la plus importante du pays (mais aussi en Birmanie, au Cambodge et en Thaïlande) et donne lieu à de nombreuses célébrations, pendant plusieurs jours :

  • Nettoyage des maisons pour chasser les mauvais esprits.
  • Célébrations, offrandes et rituels dans les pagodes, comme asperger les Bouddhas d’eau lustrale consacrée par les bonzes.
  • Rassemblement familial autour de bons repas.

Mais ce qu’il y a de super fun pour ce nouvel an, c’est qu’on troque les pétards contre de l’eau : la ville se transforme alors, le temps de quelques jours, en un champ de bataille d’eau géant ! Que ce soit avec des seaux, des pistolets à eau, des tuyaux d’arrosage, les Laotien.ne.s s’en donne à coeur joie pour vous mouiller des pieds à la tête. Nous étions sortis depuis seulement 5 minutes ce jour-là, que nous étions déjà totalement trempés. Ni une, ni deux, on s’est procuré des fusils à eau et sommes entrés dans la bataille pendant de longues heures, avec un couple de français rencontrés sur la route : Thierry et Cécile. Un grand bisous à vous d’ailleurs, si vous nous lisez ! Cette fête restera sûrement l’un des meilleurs souvenirs de ce voyage.

Puis, ce fut l’heure pour nous de dire aurevoir au Laos et re-bonjour à la Thaïlande (après l’avoir quitté avec mes parents en février dernier) pour s’attaquer à la construction d’un earthship.

peemay-vientiane-nouvel-an

La guerre de l’eau avec Thierry et Cécile

Un workaway en Thaïlande pour construire un earthship

C’est quoi un earthship ?

L’earthship est un type d’habitation écologique, économique et autonome développé par l’architecte américain, Michael Reynolds, dans les années 70. Earthship donne Géonef en français, contraction du préfixe « géo » (terre) et de « astronef » (synonyme de vaisseau spatial) pour suggérer l’idée d’habitations qui ressemblent, grâce à leur allure unique, à des « vaisseaux spatiaux terrestres ».

Les objectifs recherchés dans la construction d’une géonef sont :

  • d’utiliser un maximum de matériaux recyclés et naturels : sac remplis de terre, pneus, bouteilles plastiques ou en verres, pierres, murs en torchis  et chaux, etc.
  • de tendre vers l’autonomie énergétique et alimentaire des habitants : serre intégrée à la maison pour la culture de légumes, gestion des énergies solaires, éoliennes et géothermiques, utilisation optimale des eaux de pluie, etc.
  • de construire de manière plus respectueuse et plus durable pour l’environnement et dans le temps (toutes les géonefs construites au Népal ont tenu le coup suite au terrible tremblement de terre qui a frappé le pays en 2015).

Comme nous vous l’avions dit dans la précédente édition de L’Écho Frais, nous sommes très attirés par ce type d’habitat, réunissant tout ce à quoi nous souhaitons accorder de l’importance à l’avenir : éco-construction, respect de notre environnement, auto-suffisance en énergie et nourriture, etc. :  « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme« .

 

earthship-geonef

Exemple de geonef

 

 Concrètement, ça s’est passé comment ?

  • Le deal : c’est Julian et Lise, un couple de français installés à Budapest, qui nous ont accueilli pour ce chantier, au Blue Lagoon Resort, sur l’île de Koh Chang. Car oui, la construction s’est faite en plein cœur d’un splendide resort-jungle-bungalow, entouré par le lagon d’un côté et la plage de l’autre. L’oncle de Julian est co-gérant de ce resort et lui a donc proposé un bout de terrain où construire sa maison. Il y vivront quelques mois dans l’année, et le reste du temps, elle sera louée au clients de l’hôtel. En échange de notre travail pour la construction du Géonef (5h/jour), nous étions nourri.e.s et logé.e.s dans un petit bungalow.
  • L’équipe : sur le chantier, ce n’est pas moins de 14 volontaires de 11 nationalités différentes qui se sont serrés les coudes pendant presque deux mois. De quoi progresser encore un peu plus en anglais et s’enrichir mutuellement de nos expériences et cultures différentes. Merci à vous Fabio, Beau, Kim, Noellia, Taraf, Steph, Max, Courtney, Katarina, Viktor, Chloé, Tommy, Julian et Lise pour ces superbes moments passés ensemble ! Le prochain earthship, ce sera chez nous et on compte bien vous y revoir !
  • Le taff : nous sommes arrivés deux petites semaines après le début du chantier. Les fondations étaient donc déjà faites puis recouvertes de 10 niveaux de sacs en plastique remplis de terre. Il a donc fallu continuer à monter les murs. La technique utilisée ici est l’empilement de sac en plastique (type gros sac pour le commerce d’aliments, tel que le riz) qui sont au préalables remplis de terre (relativement argileuse) mélangée à un peu de ciment et d’eau. Une fois les sacs remplis, il faut les fermer et les tasser. Il a aussi fallu gérer les ouvertures, portes et fenêtres, ainsi que les cuves de récupération et de filtrage des eaux usées. Une fois les murs montés, nous nous sommes attaqués à la construction des terrasses, de la salle de bain et des canalisations. On peut dire qu’on a pas mal enrichi nos connaissances en bâtiment écologique, un gros bonus pour la suite de notre aventure.
earthship-thailande

Les murs de la chambre vus de l’intérieur

Et ensuite ?

Après ce superbe petit chantier, nous sommes repartis vers Bangkok. Nous avions prévu de nous y rendre en stop, accompagnés de notre ami suisse Fabio, doyen de l’équipe, qui voyage en vélo à travers le monde avec sa compagne. Deux petits jours dans la capitale, histoire de remplir le peu de place qu’il reste dans nos sacs par quelques souvenirs et produits locaux.

Lundi 08 mai au matin, nous avons embarqués dans l’avion de bonne heure pour rejoindre la France. Un voyage de 16h alors que nous avions mis plus d’un an à arriver jusqu’ici par la route… De quoi se prendre une grande claque à l’arrivée mais on trépignait tout de même d’impatience à l’idée de ce petit break en France, pour pas moins de deux mariages, une fête du printemps et une méga fiesta pour les 30 ans de nos potes ! L’occasion pour nous de se re-remplir d’amour grâce à nos familles et à nos ami.e.s avant de reprendre la suite de notre aventure en juillet.

D’ici là, portez-vous bien, on vous embrasse et n’oubliez pas d’être heureux.se.

 

TAGS
RELATED POSTS

Laisser un commentaire

CommentLuv badge

Rom & Lou
Strasbourg, France

Animés par la même passion du voyage, nous avons décidé de nous embarquer pour un tour du monde de deux ans. Un voyage à la découverte des savoirs précieux pouvant faire évoluer positivement nos sociétés de demain : AMAO est né. Vous souhaitez en savoir plus ? Rendez-vous sur la page "A propos de nous".

Un long voyage


Nous sommes parti.e.s depuis 586 jours 23 heures 54 minutes 3 secondes

Où sommes-nous ?

Citation du moment

"L'homme doit franchir mille cols, mille monts, mille fleuves, mille ruisseaux. Non sur des routes goudronnées ou tapissées de gravier, non sur des sentiers longeant les précipices, mais par les détours de son âme, qui lui permettent de grandir et de se comprendre."


Duong Thu Huong
(écrivaine vietnamienne)

Playlist du Monde

Une oreille sur le monde

Nos photos Instagram
  • Explosion dmotion sur les rochers de Devils Marbles ! Explosionhellip
  • cest dur la vie de paysan  its hard farmerhellip
  • la posie du street art ! poetic street art !hellip
  • lAustralie clbre le OUI au mariage lgbtqi ! congrats tohellip
  • la Great Ocean Road un moment magique ! magic momenthellip
  • Uluru le fameux ! the famous Uluru ! amao amaoinaustraliahellip
NewsLetter AMAO

Abonnez- vous à notre NewsLetter et rejoignez la Grande Famille AMAO !